Autonome 77 œuvre à la défense des collègues depuis 1920. Autonome 77 a créé Cap Autonome pour offrir les mêmes services pour les collègues hors du département de Seine et Marne.

Pour rire

5 octobre 1877 .Le directeur : Monsieur l’Inspecteur, je vous serais très obligé de vouloir faire remplacer avant l’hiver le thermomètre de la 4ème classe, hors d’usage depuis quelques temps.

18 novembre . L’inspecteur : Note Urgente – Les demandes d’objets mobiliers doivent toujours être formulées sur les imprimés 136999 et adressées au sous-signés en triple expéditions.

19 novembre. Le directeur : Je m’empresse de vous faire parvenir les trois formulaires réclamés.

15 décembre. Le directeur : Je n’ai pas encore reçu le thermomètre de la 4ème classe.

15 janvier 1878. L’inspecteur : Le sous-signé fait remarquer à M. le Directeur que la demande d’un thermomètre aurait dû être faite en même temps que celle des ustensiles de ménage.

16 janvier. Le directeur : Les demandes d’ustensiles de ménage ont été adressée en juin. A cette date le thermomètre de la 4ème classe était encore en bon état.

10 février. L’inspecteur:Les thermomètres ont une durée normale de trois ans. Prière en conséquence, de me dire la date précise de l’entrée à l’école du thermomètre.

11février. Le directeur : Le maître de la 4ème classe a toujours vu ce thermomètre dans la classe qu’il occupe depuis plus de dix ans.

15 juin. L’inspecteur : Envoyez-moi un rapport détaillé et faites-moi connaître, s’il y a lieu, les responsabilités encourues.

16 juin . Le directeur : Une bulle d’air audacieuse a divisé la colonne d’alcool en deux parties.

25 juillet. L’inspecteur : Je transmets votre rapport avec un avis favorable. Laissez le thermomètre en place, j’irai constater de visu l’état dans lequel il se trouve.

25 octobre. Le directeur : Il y a au bazar de l’Hôtel de Ville des thermomètres qui ne valent que 13 sous. Ne pourrait-on pas en acheter un sur les crédits de réparations mobilières ?

26 octobre. L’inspecteur : Ne donnez pas suite à votre projet ; ce serait un précédent dangereux. Satisfaction va vous être accordée. Je vous rappelle que vous devrez présenter le thermomètre réformé, fût-il en morceaux.

25 novembre. Le directeur : J’achète aujourd’hui un thermomètre.

5 décembre. L’inspecteur : Vous avez bien fait. Vous pourrez vous faire rembourser en remplissant les formalités prescrites. Comme pièce justificative joignez une note acquittée de votre fournisseur.

25 décembre. L’inspecteur : Je n’ai pas encore les pièces concernant le thermomètre. Prière instante d’envoyer avant la fin de l’année.

4 janvier 1879. Le directeur : Je paie le thermomètre de ma poche ….

 

 

Est-ce que l’Administration a vraiment changé depuis 140 ans ?

Publication initiale dans  «l’école nouvelle » de 1887

 

Egelmont 68790 Morschwiller-le-Bas

 

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CPPN et CPA


Pour les jeunes collègues, il faut lire Classe Pré Professionnelle de Niveau et Classe Préparatoire à l’Apprentissage. Aujourd’hui : SEGPA.


En fait, mon expérience dans les CPPN et CPA m’oblige à dire qu’on y faisait du bon boulot. La classe était coupée en 2, la moitié chez un patron, l’autre sur les bancs du collège et l’on changeait chaque semaine. De quoi comprendre ce qui était nécessaire pour avoir à la fois une assez bonne culture générale et une efficacité sur le terrain. Une partie du travail était de trouver des patrons qui voulaient bien de nos élèves, c’était souvent difficile, parfois enthousiasmant. Et nos gamins trouvaient ensuite, parce que des êtres humains s’étaient rencontrés et appréciés, du boulot, bien plus facilement que d’autres qui poursuivaient leurs études jusqu’au brevet.

Ce placement, ici sous contrôle de l’Administration, était un des derniers épigones du Moyen-âge. A cette époque, il n’y a pas d’école. Des ecclésiastiques en créaient pour éduquer les clercs dont ils avaient besoin et dans le «supérieur» des universités (de médecine à Montpellier ou la Sorbonne à Paris), même rayonnantes dans leur sphère n’étaient qu’une goutte de rosée dans le désert éducatif. Jusqu’au XVIIème siècle, les enfants (hors ceux de la paysannerie qui avaient à travailler aux champs) étaient placés. Un fils de noble devenait page (serviteur) d’un autre noble, un drapier envoyait son fils chez un tisserand etc. Ils apprenaient les codes et savoirs qui leur serviraient plus tard. L’école était celle de la vie. Ce faisant, elle favorisait la cohésion sociale, par castes, au détriment de la structure familiale : les enfants étaient placés généralement de 7 à 14 ans. De là viennent, les Compagnons du Devoir et du tour de France, les apprentissages et autres structures basée sur un métier commun.


Puis vint le temps des écoles suffisamment proches pour que les enfants retournassent dans leur famille chaque jour. Alors, le lien social qui existait dans les corporations fut remplacé peu à peu par les liens familiaux. L’enfant n’appartenait plus à une communauté, mais à sa famille. On en vit aujourd’hui l’apogée. La famille s’invite aujourd’hui dans le choix des programmes, des méthodes, voire des maîtres. L’enseignant qui n’est pas d’accord avec la famille n’est plus porteur d’un savoir qu’on écoute et respecte; il est un trublion qui ose contrecarrer les certitudes d’une famille. Un crime...surtout dans les domaines qui touchent aux croyances religieuses, philosophiques ou politiques.


Enseigner aujourd’hui est ,ou bien renoncer à transmettre la vérité, ou bien entrer en conflit avec des familles pour lesquelles les croyances font force de loi. «mon papa y dit que c’est pas vrai; ma maman elle fait pas comme ça...» Oser dire; que l’Inquisition est responsable de 5000 exécutions en 600 ans, que le soleil ne se lève pas à l’Est, mais dans le quadrant nord-est ou sud-est, qu’il n’existe pas d’énergies «propres». que l’expansion de l’Islam à causé 10 millions de morts entre 622 et 732, que Charlemagne ne parlait pas français, que Gutenberg était allemand que Louis XVI n’est pas le dernier roi de France ou toute autre vérité qu’une famille ne partage pas et voilà l’enseignant aux prises à mille difficultés. Ragots, dénonciations, lettres anonymes, calomnie: «La calunnia è un venticello...e produce un’esplosione come un colpo di cannone» (la calomnie est un léger vent qui finit en coup de canon)


La cohésion sociale se fait au détriment de la famille. L’école qui valorise la famille le fait au détriment de la cohésion sociale. Et nous, pauvres de nous, sommes, dans nos métiers auprès de la jeunesse, écrasés par les contradictions de ces deux forces antagonistes. Nos problèmes ne feront qu’empirer... Courage, jeunes hussards noirs de la République !

 

Gérald 70000 Vesoul

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ASSEZ !

Après Jean Willot dans le Val d'Oise en mars dernier, Jean-Pascal Vernet le 2 mai à Bareme dans les Hautes-Alpes, la tentative d'une collègue des Bouches du Rhône le 12 septembre, puis Frédéric Boulé prof de svt à Valbonne le 23/09, et voilà notre collègue Christine Renon, directrice d'école maternelle à Pantin en Seine Saint Denis qui met fin à ses jours sur son lieu de travail le 23 septembre dernier !

L'émotion est grande dans la profession, en témoignent les réactions syndicales et celles de milliers de collègues en particulier sur les réseaux sociaux.

Militants de l'Autonome, nous sommes de plus en plus contactés par des personnels qui témoignent de leur souffrance au travail.

Nous sommes les témoins d'une dégradation croissante des conditions de travail dans les écoles, les établissements.

A chaque sollicitation nous apportons une écoute attentive et nous mettons immédiatement en oeuvre un dispositif de conseils, d'aide, d'intervention (syndicats, administration, avocat...). Force hélas est de constater que plus un adhérent est en difficulté, moins il a la force de réagir.

 

Autonome 28, membre de l'.

 

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Quand on s’adresse à une assurance, assurance chômage, voiture, complémentaire maladie, risque du métier, on ressent un « amoindrissement du cœur » comme disait Simone Weil.

On a subit un gros orage de grêle. Je m’en tire avec 100€ de franchise, mais ma fille aura, elle, une franchise de 350€. Elle n’avait pas les moyens de souscrire un contrat plus favorable… Pas très moral, mais tout à fait normal . Non que les assureurs manquent d’humanité ; ils sont simplement tenus par des tables statistiques qui font correspondre tel risque à telle prime et telle prime à telle indemnisation. Mais ce n’est pas le cas quand on entre dans une mutuelle. Là, on n’est pas un assuré plus ou moins riche, ou un numéro de sinistre ; on est un être humain, un compagnon et c’est tellement mieux !

 

Paul.B (25200)

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"Être enseignant en 2019, c'est aussi ça" : un de nos collègues, professeur des écoles a publié il y
a quelques jours sur Facebook une mini-BD en réaction au suicide d’un enseignant, le 15 mars
dernier, à Eaubonne dans le Val-d’Oise. "C’est le genre d’affaire qui touche, qui interpelle, en tant
que collègue mais aussi en tant qu’être humain", a confié Christophe Tardieux, alias Remedium,
l'auteur de la BD.
Jean Willot, 57 ans, s’est donné la mort après avoir été l’objet d’une plainte pour "violences
aggravées sur mineurs" par un parent d’élève. Il était accusé d’avoir réprimandé un élève de CP.
Et comme il l’a expliqué dans une lettre, il n’a pas supporté de telles accusations. Christophe
Tardieux, qui enseigne à Tremblay-en-France, en Seine-Saint-Denis, a voulu "mettre des mots sur
cette histoire afin qu’elle ne tombe pas dans l’oubli", en dessinant les 18 cases de cette BD.

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Circuits Courts


Le circuit court est efficace car il supprime au maximum les intermédiaires. Plus besoin pour votre salade de carottes que les légumes passent du maraîcher, aux Halles de Paris avant de rejoindre l’étal de votre supermarché . Le contact direct et humain, du producteur au consommateur, du prêteur au débiteur, du luthier au violoniste, du secouriste au secouru, du voisin au voisin est gage d’efficience.

Lorsque le lien se distend entre les gens qui pourtant, ont besoin les uns des autres pour vivre une vie sociale pleinement épanouie, le sentiment de solidarité s’émousse jusqu’à disparaître au profit d’un individualisme dans lequel on s’assure contre les aléas, dans l’ignorance des intérêts mutuels.

Si Cap Autonome œuvrait dans la construction, nos cotisations serviraient à construire les logements que nous occuperions ; dans l’agriculture, nos moyens seraient mis ensemble dans le travail de la terre dont nous partagerions tous les fruits ; dans l’industrie, nous serions une SCOP dont le capital et le pouvoir de décision appartiendrait à tous. Ici, il n’y a plus d’antagonisme. La force des uns est au service des autres.

Cap Autonome travaille dans un autre domaine: la protection des personnels de l’Éducation Nationale dans le cadre de leur mission de service. Vous n’aurez pas à arracher les carottes dans le champ travaillé en commun pour avoir des légumes sains et goûteux. Les bons légumes bios, Cap Autonome les offre à ceux qui auront eu la malchance d’être vilipendés, attaqués, honnis et qui seront secourus par les cotisations des plus chanceux ; aux plus démunis dans la cabale qui seront appuyés par ceux qui sont versés dans l’art de la négociation ; à ceux que les parents d’élèves, l’administration, les compagnies d’assurances adverses condamnent par avance qui verront leurs collègues docteurs ès droit leur offrir leur savoir pour les appuyer.

L’ancien système, plus capitaliste et moins haut moralement, offrant plus à celui qui paie plus n’est pas de mise chez nous.

Circuit court, efficacité. Solidarité, efficacité. Cap Autonome, efficacité.

Pierre 90000

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Retour sur l'assurance

Peu de professions sont autant que les nôtres, risquées pour leurs travailleurs : jugés par les apprenants, leurs parents, les élus locaux, des associations diverses et variées, nos supérieurs hiérarchiques, nos fournisseurs de services ou la presse, nous sommes tous potentiellement amenés a subir suspicion et opprobre publique avant d’être traduits devant la justice. Si l’état protégeait ses fonctionnaires comme il en a le devoir, le risques de nos beaux métiers serait moindre, mais hélas, il est aisé de voir, que l’état, loin de nous protéger a souvent la tentation d’enfoncer le lampiste pour calmer l’opinion de futurs électeurs. En somme, une protection spécifique nous est nécessaire.

 

Assurance ou assistance ?

 

Assistance mutuelle est la plus ancienne forme de protection collective. Si la grange brûle, tous les voisins font la chaîne pour éteindre l’incendie sans réclamer salaire ou dédommagement pour l’eau perdue. L’assistance mutuelle fut même le seul rempart collectif contre les malheurs durant le Moyen-âge, quand le pape Grégoire IX en 1234 interdit les prêts à la grosse aventure. Voilà qui nous amène à l’assurance.

 

Car l’assurance est née avec le capitalisme marchand. Les génois assuraient leurs bateaux marchands qui commerçaient du draps d’Anvers contre pirates et météo. Et par la suite, l’assurance a toujours été une des jambes du capitalisme avec la banque. Après la ligue de la Hanse, sorte de cartel marchand d’Europe du nord, Louis XIV, puis Louis XV et Louis XVI instituent en France la compagnie générale des assurances & grosses Aventures, la Société d'assurances générales et la Compagnie royale d'assurances générales, toutes sociétés par actions. Et l’assurance, par la levée de fonds hypothétiquement reversés en cas de sinistre, devint vite un acteur engagé du capitalisme. Voici au XIX siècle le nom de quelques assureurs célèbres : Rothschild, Hotinguer, Stern, Neuflize, Wendel, Vernes. Oui, ils sont tous en même temps banquiers….

 

Consommateur ou co-acteur ?

 

Si l’on choisit pour sa protection une compagnie d’assurance, on est juste un individu qui met en relation sa prime d’assurance avec une compagnie dont la philosophie est la morale marchande. On fait partie de l’histoire du capitalisme.

 

Si l’on choisit une association de solidarité mutuelle comme Cap-Autonome, on est acteur commun de la défense de son collègue, comme celui-ci sera le nôtre au cas malheureux où c’est notre propre grange qui brûle. On fait partie de la chaîne qui éteint l’incendie ….

Pierre 90000

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